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Roger Federer : un roi à la reconquête de son trône


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par Damien Mendez le 10 juillet 2012

Sport



Considéré par beaucoup comme le meilleur joueur de tous les temps, Roger Federer peine à retrouver sa place de numéro 1 mondial perdue en 2010, date de son dernier Grand Chelem gagné à l’occasion de l’Open d’Australie. Soit une disette de presque deux ans et demi, autant dire une éternité pour celui qui a dominé outrageusement le tennis masculin pendant une grande partie de la dernière décennie.


A l’aube de ce qui sera sans doute son dernier grand défi, les Jeux Olympiques (le seul titre majeur qui manque à son palmarès), le moment est opportun pour tirer un premier bilan et rappeler les grands moments de sa riche carrière et pour se projeter sur les quelques saisons qui lui restent, lui qui va fêter ses 31 ans en août.

Des records à donner le tournis

Résumer la carrière de Roger Federer en quelques lignes serait assez difficile, et surtout présomptueux, tant il y a de choses à dire. Mais il y a bien évidemment des données essentielles qu’on ne peut occulter. Dès ses premières années, son potentiel technique se fait remarquer mais, logiquement, le manque d’expérience et de maturité font défaut au jeune joueur, à peine âgé de 18 ans. A la faveur de quelques bons résultats dans des tournois de moindre importance, il intègre néanmoins très rapidement le top 50 au classement ATP. Son premier coup d’éclat a lieu en 2001 lorsqu’il met fin au règne de Pete Sampras à Wimbledon après un match en cinq sets sublime et accroché. La première et seule confrontation avec l’ancien maître du tennis qui sonne comme une passation de pouvoir et le début d’une nouvelle histoire d’amour avec le gazon londonien pour celui qui y règnera sans partage de 2003 à 2007.

Mais cette domination ne s’arrête pas au seul mythique Grand Chelem de Wimbledon. Son jeu plutôt complet peut s’adapter à toutes les surfaces et lui permet d’enchaîner les titres dans les différents Grand Chelem et même de réaliser le Petit Chelem (gagner trois des quatre titres majeurs sur une année civile) en 2004, 2005 et 2007. Cet aspect est d’ailleurs renforcé par le fait qu’il est le seul joueur à avoir atteint au moins cinq fois la finale dans tous les Grand Chelem ; un record exceptionnel lorsque l’on sait que cette diversité des surfaces n’existe que depuis peu de temps.

Malgré le relatif passage à vide qu’a été l’année 2008, Federer gagne encore trois Grand Chelem par la suite et pulvérise le record que détenait jusque-là l’Américain Pete Sampras en comptabilisant en tout et pour tout seize titres de Grand Chelem. C’est sans compter, également, les vingt Masters 1000 et les six Masters Cup.

Autant dire que le record de semaines consécutives en tête du classement ATP (237) ou celui des trente-trois quarts de finale de rang en tournoi du Grand Chelem (série en cours) ne sont pas le fruit du hasard et que sa domination sur le circuit a été totale pendant plusieurs années.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin et Roger Federer approche à grand pas de la retraite. Si on lui souhaite bien évidemment de continuer à gagner tout en procurant du plaisir à tous les fans de tennis par son jeu léché et flamboyant, force est de constater qu’il n’a plus la mainmise qu’il avait auparavant.

Un déclin à nuancer

Depuis que Nadal, puis Djokovic, se sont en effet chargés de reléguer Federer à la troisième place mondiale, le Suisse a comme perdu de son aura et ce sentiment de puissance et d’invincibilité qu’il dégageait et qui bridait tous ses adversaires, ces derniers partant bien souvent défaitistes avant même le début du match.

Malmené par le français Julien Benneteau lors du troisième tour de Wimbledon ce samedi, Federer a confirmé une tendance qui ne cesse de croître depuis plusieurs mois : les joueurs craignent de moins en moins Roger Federer. Un sentiment qui a accompagné la perte de sa souveraineté sur le tennis mondial depuis quelques années.

Ce déclin doit néanmoins être relativisé : le Suisse a repris sa première place mondiale à la suite du tournoi de Wimbledon et continue d’être un des principaux favoris derrière le duo Djokovic - Nadal qui s’octroie tous les titres du Grand Chelem depuis…l’Open d’Australie 2010.

Par ailleurs, s’il gagne moins de titres que lors des années 2004 à 2007, où il amassait une dizaine de trophées par an, son bilan reste plus que correct avec pas moins de quatre Masters 1000 et deux Masters Cup gagnés en un peu moins de deux ans.

Mais son parcours est maintenant celui d’une reconquête après la récupération d’un titre du Grand Chelem qui lui échappait depuis deux ans mais qui, surtout, lui permet de reprendre la place de numéro 1 mondial, dépassant ainsi définitivement Pete Sampras au nombre de semaines passées à la première place du classement.

Il aura un nombre important de points à défendre cet automne : ce record le placerait encore un peu plus au sommet du tennis. Une place qui lui sera garantie s’il réussit à remporter le titre olympique sur le gazon londonien en août prochain et ainsi bouclant la boucle sur le terrain qui l’a vu glaner son premier titre majeur.

Nul doute que sa retraite approche à grand pas et que sa période dorée est maintenant clairement derrière lui, même si de son propre aveu il se sent bien tant sur le plan psychologique que physique, mais son départ laisserait un vide dans ce tennis qu’il a dominé pendant de nombreuses années, ce tennis qu’il a poussé dans ses retranchements en allant toujours plus loin dans la qualité technique de son jeu.

D’autres prendront la relève, ses records tomberont peut-être mais son empreinte est indélébile et perdurera un long moment.

Roger Federer remporte Wimbledon et redevient numéro un mondial !