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"Le Dîner"


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par Daniel Schwall le 10 mars 2012

Culture



Herman Koch, auteur de nouvelles et de romans, mais aussi comédien à ses heures et pendant quinze ans présentateur d’un show télévisé aux Pays-Bas, a connu le succès en librairie avec ce dernier roman, « le Dîner ». 400 000 exemplaires aux Pays-Bas, cela représenterait sans doute quelques millions à l’échelle de la France : autant dire que ce livre est un fait social en lui-même.


Le Dîner

De Herman Koch Traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin

Genre : Littérarure étrangère Éditeur : Belfond éditions

Description : 329 pages ; (22,6 x 14 cm)

Parution : le 05/05/11

EAN13 : 9782714446640

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Résumé

Paul et Claire attendent Serge, le frère de cette dernière, et son épouse Babette dans un très chic restaurant d’Amsterdam pour dîner. Lorsque ces derniers arrivent, le huis clos commence, nourri par les relations tendues entre les uns et les autres. Au dessert, Serge dévoile la raison de cette réunion : leurs fils respectifs ont agressé une femme et quelqu’un menace de révéler leur identité.

Quatrième de couverture

Succès phénoménal aux Pays-Bas, alliance détonante d’une comédie de moeurs à l’humour ravageur et d’un roman noir à la tension implacable, Le Dîner dresse le portrait de notre société en pleine crise morale. Deux frères se donnent rendez-vous avec leurs épouses dans un restaurant branché d’Amsterdam. Hors-d’oeuvre : le maître d’hôtel s’affaire. Plat principal : on parle de tout, des films à l’affiche, des vacances en Dordogne. Dessert : on évite soigneusement le véritable enjeu du dîner, les enfants. Car leurs fils respectifs ont commis un acte d’une violence inouïe. Un café, un digestif, l’addition. Reste la question : jusqu’où irions-nous pour préserver nos enfants ?

L’avis du libraire :

Si le livre est un fait social, le sujet en est un autre : deux adolescents agressent une SDF et filment leur forfait sur téléphone portable. Leurs parents sont ensemble, dans un restaurant huppé, et doivent réagir à cette situation, aggravée si on ose dire, par le fait que l’un des protagonistes est un homme politique en vue.

Le roman commence en douceur, à la manière d’un film américain, pendant une centaine de pages le lecteur est simplement entraîné dans une vision gentiment sarcastique de deux couples de notre temps. Dans cet exercice déjà Herman Koch surprend à faire des petits riens de l’existence quotidienne des moments d’arrêt sur image, et sans jamais nous lasser, parsème de son poil à gratter des tranches de vies que nous avons sans doute tous vécues.

Quand le drame se noue, le ton reste badin, mais le sujet devient incroyablement violent pour ceux d’entre nous qui peuvent s’identifier à des parents et qui on vu leurs adolescents évoluer sous leurs yeux impuissants vers des comportements à la limite du dégoût et de l’incompréhension générationnelle. Vu à travers les yeux des parents, le comportement de leur progéniture passe au second plan. Le phone bashing de leurs fils est l’occasion de la prise de conscience d’une déroutante incapacité de réaction parentale. Et se posent toutes ces questions qui peuvent causer sueurs froides et nuits d’insomnie : si cela m’arrivait, et comment réagir, et comment en sortir ?

Nous ne sommes pas dans un thriller mais nous sommes cloués au livre. Il s’agit de faits quotidiens, horriblement quotidiens, qui nous révoltent vaguement en tant que lecteurs de faits divers, mais qui ici s’imposent à nous dans leur dimension la plus humaine et relationnelle. Il y a du « orange mécanique » dans ce roman, mais « Le dîner » puise sa force incroyable dans la renonciation à tout effet grandiloquent, dans sa placide simplicité.

On sort de là ébranlé, mais sans arriver un seul moment à en vouloir à l’auteur de nous gâcher les vacances. Ce roman qui semble parler d’ados n’est pas une lecture d’ados. Et le sujet , qui formellement se place aux Pays-Bas , est on ne peut plus universel.

Qu’en même temps, de sa manière si peu prétentieuse, Koch nous donne du plaisir de lire, qui s’en plaindra ?