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Internet : nouvelle arnaque autour du téléchargement illégal


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par Rédaction le 14 avril 2012

Actualités



Notre confrère Sud-Ouest, sous la plume de Florence Moreau en date du 13 avril, rapporte le "rançonnage" de plus de deux cents personnes autour de Bordeaux et notamment dans les communes de la rive droite et des Hauts de Garonne par une "société" intitulée "Répression et surveillance du téléchargement illégal".


Cette fois, c’est par courrier que le « rançonnage » s’est effectué. Plusieurs personnes ont été piégées et ont payé. Des enquêtes ont été ouvertes.

« Répression et surveillance du téléchargement illégal  ». L’intitulé de la « société » peut intimider. D’ailleurs certains, crédules et peut-être animés d’un vague sentiment de culpabilité, se sont fait piéger. Pas d’arnaque par internet cette fois. C’est par courrier, envoyé sous pli économique à de vraies adresses et avec de vrais numéros de téléphone piochés dans les Pages blanches que l’escroquerie est arrivée.

Jeudi 12 avril, de nombreux habitants de la rive droite de Bordeaux (Ambès, Ambarès, Artigues, Cenon) ont reçu dans leur boîte aux lettres un courrier à en-tête de RSTI les accusant de téléchargements illégaux. Dans une lettre type adressée depuis Orléans (Loiret), datée du 10 avril et truffée de fautes d’orthographe qui ne semblent pas avoir attiré l’attention, le destinataire a pu lire : « Monsieur, sur la période du 15 mars au 30 mars, nos techniciens ont fais actes de surveillance sur vos lignes adsl et sur vos activités internet, celles-ci ont permis d’établir que des téléchargements illégaux et du partage de fichiers (films, musiques, œuvres littéraires) ont été opérés sur vos systèmes, et celles-ci sont répréhensibles, noté bien que seul notre cabinet peut traiter ce genre d’affaires et que votre opérateur ne peux en aucun cas vous répondre, car c’est une démarche d’ordre confidentielle ».

La missive invite à la discrétion sous peine de poursuites. Et, en proposant plusieurs moyens de paiement (chèques ou carte bancaire) condamne l’internaute à une amende « afin de ne pas reproduire ce genre de comportement  ». 75 euros à régler sous 72 heures avant majoration de 10%. Et après l’avertissement, la conciliation, la menace de mandater un juge. « Les conséquences suivantes pourrait allez de minimum 1500 euros a 3 ans d’emprisonnement  »...

Des enquêtes ont été ouvertes pour escroquerie. Plusieurs personnes ont porté plainte au commissariat des Hauts-de-Garonne à Cenon (Gironde). Et près de deux cents se sont manifestées auprès des gendarmes d’Ambès et d’Ambarès ! Deux d’entre elles avaient déjà adressé un chèque à RSTI. Gendarmes et policiers appellent à la vigilance et conseillent vivement à tout destinataire de ce courrier de ne pas payer la somme indiquée, car il s’agit bel et bien d’une arnaque. Le véritable gendarme ou policier de l’internet c’est Hapodi.

« L’ Hadopi , alertée d’une infraction, propose une réponse graduée sous forme de recommandation envoyée d’abord par mail, puis par lettre recommandée, puis d’une coupure de l’accès à Internet. C’est ensuite que viennent d’éventuelles poursuites pénales et condamnations. »

Mandatée par la police cenonnaise, la police municipale de Saint-Jean-Le-Blanc (Loiret) où RSTI se dit domiciliée est allée sur place. Une boîte aux lettres existe bien à l’adresse indiquée au nom de RSTI, mais aucun local n’y semble rattaché. Il y a fort à parier que cette entreprise soit une coquille vide juste créée pour encaisser des chèques sur un temps très court. La messagerie téléphonique de RSTi est évidemment saturée et le site www. rsti.fr joue également aux abonnés absents. En attendant, des escrocs se sont enrichis sur le dos d’internautes.

Florence Moreau, Sud-Ouest du 13/04/2012 www.sud-ouest.fr